Gastronomie

Chasse aux vins rares

Written by backtotrend

Il n’y a pas de frime qui tienne en matière de vin. Il peut être bon, excellent, exécrable, moyen, mais en aucun cas il ne peut se targuer d’avoir telle ou telle réputation s’il est incapable de tenir ses promesses. Cela, n’importe quel caviste le sait, c’est pourquoi il se méfie de ce qu’on a coutume de désigner sous l’appellation de vins rares.

Évoquer le breuvage de Bacchus en ces termes ne manque jamais de faire penser à un trésor caché, une quête folle pour le dénicher. Production faible, prix élevé, accessibilité limitée… Il faut savoir montrer patte blanche pour pouvoir admirer ne serait-ce qu’une bouteille là où elle se trouve.

Rangez toutefois vos pelles et vos pioches. Il y a fort à parier que les vieux crus de pirates se soient gâtés depuis leur enfouissement. Le mieux à faire reste encore de faire jouer le réseau – et surtout de s’y connaître en matière de vins. Gardez à l’esprit que se laisser berner par les étiquettes et leurs dorures est une erreur indigne, même pour un néophyte. Encore plus si le gaillard qui la vend est tout sucre tout miel et enrobe d’un discours fiévreux une infâme piquette. Du discernement, voilà ce qu’il faut avant tout.

La quête de la rareté ne saurait se faire en grande surface, à moins de vouloir se contenter de ce qui se fait de mieux en matière de banalité, grande distribution oblige. Les vins rares ne vont pas sur ces rayonnages exposés à la lueur crue des néons, ils se planquent dans les lieux plus confidentiels, des endroits réservés aux initiés.

Dès lors ne restent que deux solutions : se rendre directement au vignoble responsable de la naissance du chef d’œuvre gustatif désiré ou se rapprocher d’un caviste. Ce dernier, circonspect face aux argumentaires commerciaux des domaines, n’attribue pas le qualificatif de rare à n’importe quelle bouteille sortie de sous les fagots.

Si on n’est pas sûr, mieux vaut opter pour la seconde option, sous peine de débourser à l’excès sans disposer d’avis objectif sur l’objet de son désir. Certes le caviste aura à cœur de vendre le cru inestimable qu’il a en réserve, mais au moins s’aventurera-t-il à proposer un vin plutôt qu’un autre en fonction de vos goûts et préférences. Car si le critère de la rareté détermine le prix d’une bouteille de vin, cela n’est pas une garantie de l’aimer une fois que vous l’aurez en bouche.

À moins de vouloir thésauriser en accumulant les vins rares au fin fond d’une cave sécurisée (créant de la sorte un réel « or rouge »), privilégiez en priorité le ravissement des papilles au moment de partir à la recherche d’un cru d’exception. C’est à cela qu’on reconnaît le véritable amoureux du vin.

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